Préambule
Les premiers projets de Mirage
Le Mirage-IV-M
Configuration générale
Structure et matériaux
Commandes de vol

Moteurs

Généalogie des ATAR
Equipements
Le record de vitesse
Du prototype à la série
Le Mirage IV B
Le Mirage-IV A
Les différentes versions
Les prototypes Mirage-IV A
Le S.N.B
Rappel de la mission
Les capteurs d'information
Les organes de recalage
Les organes de calcul
Essais en vol du Mirage-IV A de présérie
Contrat et production série
Le Mirage IV SPEY
Le vieillissement
La mission de reconnaissance
La fin du Mirage-IV A
Le Mirage-IV-P
Epilogue
.Ces chiffres sont à rapprocher des spécifications demandées par l’Etat-Major en octobre et des caractéristiques actuelles de ce "MIRAGE-IV" biréacteur ATAR. Cette lettre demande : "Devant les nombreux problèmes que poseront les vols nettement supersoniques de ce prototype (Mach supérieur à 2) d'en entreprendre l’étude sans attendre d'autres précisions sur l'armement". Les études prennent toutefois en compte l’éventualité d'un dérivé pour lequel deux possibilités militaires de charges (1000 et 3000 kg) sont associées a des distances franchissables de 3000 et 2000 kilomètres.

Officiellement, on ne parle pas encore de nucléaire car, à cette date, aucun Gouvernement n'a annoncé que la France serait dotée d'un tel armement. Certes, le Commissariat à l'Energie Atomique travaille à la réalisation de l'arme nucléaire mais son aboutissement est encore lointain, les prévisions les plus optimistes n'envisageant pas la possibilité de mise en service avant 1963. D'ailleurs, les caractéristiques figurant dans la commande du 28 novembre montrent bien que les choix définitifs n'ont pas encore été faits.

En revanche, en ce qui concerne l'avion porteur de cette charge, la définition de sa mission de base en supersonique et haute altitude, sera maintenue jusqu'au début 1970. Seules les exigences de rayon d'action vont varier jusqu'à l'automne 1959 mais celles concernant le Mach et l'altitude resteront inchangées tout au long des développements qui conduiront à l'avion de série, Cette constance permettra une continuité dans I'approche du système de navigation et de bombardement dont doit être équipé l'avion opérationnel : quelles que soient les variations dans les projets, les études initiales resteront valables jusqu'à l'avion finalement retenu pour la série. Ceci sera très important pour la tenue des délais, le SNB étant certainement un des éléments critiques de l'ensemble du programme.

Le choix de l’Etat-Major, destiné à assurer le succès de la mission face aux défenses adverses connues à l’époque, est d'ailleurs le même que celui de l’USAF avec le B58, bombardier delta quadri réacteur qui a fait son premier vol le 11 novembre 1956. A cette date, aucun avion n'a encore volé à des Mach prolongés supérieurs à 1.8, les incertitudes technologiques et opérationnelles sont donc considérables. Ces incertitudes, s'ajoutant à celles de l'arme, interdisent pour l'instant de considérer l'avion comme un prototype définissant un avion de série.

Le MIRAGE-IV 01 est essentiellement destiné à découvrir les problèmes liés aux vols supersoniques prolongés et a leur trouver des solutions, d'où  sa sa dénomination de prototype expérimental (logiquement, l'avion aurait du s'appeler MIRAGE-TV 001).

Jusqu'alors étudiés dans un bureau d'études unique, les différents projets MIRAGE seront, dès lors, séparés et la responsabilité du bombardier "MIRAGE-N" incombera à J.J Samin, qui, de fin 1956 à début 1957, travaillera avec son équipe à la définition de ce bombardier, à partir du projet chasseur MIRAGE-IV version C vu précédemment. Leur problème essentiel à résoudre est celui du rayon d'action :

  1. Pour loger le combustible nécessaire, le fuselage de la version chasseur est rallongé de 2.50m, et pour tenir compte des augmentations de poids qui en découlent, sa surface alaire est portée à 70m2
  2. Pour obtenir le rayon d'action maximal compatible avec les réacteurs ATAR, tous les efforts sont faits pour minimiser la traînée supersonique de l'avion :
  • par l'adoption d'une épaisseur relative de 3.5%, ce qui en fait probablement l'aile la plus mince jamais réalisée sur un avion de cette taille.
  • en encastrant la charge militaire sous le ventre du fuselage (rendant ainsi la traînée en supersonique plus faible que celle de l'avion lisse).
  • en donnant le choix au pilote de deux ordres de transfert possible pour le combustible des groupes de réservoirs avant et arrière dans les nourrices. Le pilote peut ainsi faire reculer (en supersonique) le centrage normal afin de réduire la traînée.
En mars 1957, la définition proposée est approuvée et le marché de fabrication du prototype est notifié en avril.